12/04/2007

Cinq conseils aux journalistes


Il y a quelques blogs que je lis assez assidûment (voir la colonne de droite de ce blog). Et même si certaines idées véhiculées sur certains d’entre eux ne me plaisent pas spécialement, en tout cas, la plupart des styles d’écriture me plait et/ou les sujets traités m’intéressent parfois.

Et parfois, certains sujets traités m’agacent. J’ai alors 2 solutions : ou je commente les billets de ces blogs ou je réponds directement ici.C’est ce que j’ai décidé de faire aujourd’hui.

Sur le blog « sans importance 2.0 », un post m’avait alors énervé un tantinet. L’auteur de ce blog, journaliste de son état, donnait dans ce post des conseils aux agences de relations presse , conseils par ailleurs très judicieux que j’invite tous les attaché(e)s de presse à lire. Toutefois, parce que l’expérience permet de s’améliorer, je vais à mon tour donner des conseils aux journalistes. Et ça aussi, c’est du vécu.

1°) Vérifiez vos informations avant d’écrire des bêtises.
Même si nous vous facilitons le travail en vous transmettant les informations dont vous avez besoin, il n’en demeure pas moins que nous sommes payés par nos clients et que nous cherchons à les mettre en avant, sans mentir, mais en mettant l’accent sur ce qui fonctionne bien chez eux plutôt que sur ce qui ne tourne pas rond. Si ce que l’on vous transmet ne vous convient pas, n’hésitez surtout pas à chercher, à enquêter, à poser les bonnes questions plutôt que faire selon votre intuition, les rumeurs que vous avez entendues… Même l’AFP écrit des conneries de temps en temps. Une anecdote ? Bon d’accord. Il y a 2 ans de cela, l’AFP relaye l’explosion d’un bus au GNV (gaz naturel véhicule) sauf que la journaliste se plante et écrit GPL au lieu du GNV… Un journaliste de la presse locale reprend l’info. Je l’appelle pour lui signaler que ledit bus ne carburait pas au GPL, parce que la société qui exploite les transports en commun de cette ville n’a aucun bus de ce type. Le journaliste me répond tranquillement qu’il ne peut rien faire, j’ai rédigé mon article sur la base d’une dépêche AFP alors c’est forcément vrai !!! Et parfois quelle surprise de lire dans un article de fond que telle société est le leader sur tel marché alors que si l’on prend concrètement les chiffres, une société jamais cité dans ce papier fait un chiffre 2 fois supérieur à celui du soi-disant « Leader ».

2°) Les attaché(e)s de presse ne sont pas des parasites, ni des sous-personnes.
Si ! Si ! Je vous assure ! Souvent même, il y a des journalistes qui font le saut infâme de le devenir eux-mêmes… Si l’on vous appelle, si l’on vous envoie des informations, c’est pour vous aider dans votre métier, vous faire gagner du temps par rapport à celui que vous perdriez si vous deviez aller chercher vous-mêmes la matière pour vos articles. Par conséquent, un minimum de courtoisie et de respect est de bon augure. Vous avez peu de temps, ça tombe bien, nous n’avons pas beaucoup de temps non plus. Donc, au mieux nous collaborons, plus tôt nous pourrons rentrer chez nous le soir en ayant fait notre travail correctement et en bon intelligence. Et puis, de vous à moi, un attaché de presse qui se sent respecté (c’est fou) aura plutôt tendance à vous faciliter plus le travail qu’à vos confrères.

3°) Si vous voulez une information pour hier, demandez la avant-hier.
Eh oui, le nombre de fois où nous sommes contactés à 10h pour organiser une interview téléphonique pour 10h30. Je vous assure, nos clients ni nous-mêmes ne passons pas nos journées à attendre vos coups de fils. Nous avons aussi du travail et des impératifs. Alors laissez-nous un minimum de temps pour pouvoir vous répondre dans de bonnes conditions.

4°) N’hésitez pas à arriver à l’heure aux conférences de presse / rendez-vous pris.
On sait, il est de notoriété publique que les journalistes sont toujours en retard, mais faîtes un effort. On dit que la ponctualité est la politesse des Rois, alors pourquoi ne deviendrait-elle pas aussi la vôtre ? Si je vous invite pour une conférence de presse pour 9h, c’est parce que je compte la commencer à 9h et pas 9h30, sinon, je modifierais l’heure. Non seulement cela dénote un véritable manque de respect pour nous, pour nos clients mais également pour certains de vos collègues qui sont régulièrement à l’heure (si ! si ! ça existe, j’en ai déjà rencontrés, y en a même dont j’ai touché la main).

5°) Et le corolaire du point précédent, Si vous décidez d’annuler un rendez-vous pris, n’hésitez pas à prévenir.
Mais non, on ne le prendra pas mal, mais non, on ne vous demandera pas d’explication. Un simple e-mail ou coup de fil du genre : « Excusez moi, mais je suis désolé, je ne pourrai pas honorer ma présence à ce rendez-vous, un impératif m’oblige à être ailleurs au même moment » suffit amplement. Cela nous mettra bien moins en colère que de poireauter ½ heure pour rien tout en ayant à justifier votre absence auprès de nos clients… Ca aussi, c’est de la politesse. Vous pouvez être débordés, vous pouvez avoir un empêchement, mais s’il vous plait, conservez votre savoir-vivre.

18:25 Écrit par Cityzen dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Ou la... S'il faut vérifier les infos avant d'écrire des bêtises,
il est peu probable que je recommence à faire des notes plus ou moins "politiques"...
Trop de temps à se documenter, pour au final pas grand chose...

Écrit par : Pettittoutmimi | 13/04/2007

Entre les journalistes qui reprennent les dépêches AFP sans vérifier et ceux qui recopient texto les communiqués de presse, titre inclus, on se demande s'il existe des journalistes qui font correctement leur boulot !
Signé : une ex-attachée de presse vengeresse

PS : Bon, ok, j'exagère. Il existe des journalistes compétents, on en a rencontré et on les adore. Mais c'est vrai, pas mal de journalistes tombent dans les travers que tu dénonces.

Juste un bémol (fallait bien que je râle un peu) : quand tu dis "Si l’on vous appelle, si l’on vous envoie des informations, c’est pour vous aider dans votre métier, vous faire gagner du temps par rapport à celui que vous perdriez si vous deviez aller chercher vous-mêmes la matière pour vos articles", tu crois que tu es 100% crédible ? ;)
Alors que tu dis quelques lignes plus haut : "il n’en demeure pas moins que nous sommes payés par nos clients et que nous cherchons à les mettre en avant, sans mentir, mais en mettant l’accent sur ce qui fonctionne bien chez eux plutôt que sur ce qui ne tourne pas rond."

Hé Cityzen, tu le dis toi-même, notre client c'est pas le journaliste ! Et il faut être honnête, notre mission n'est sûrement pas de l'aider à faire son travail. Par contre, il peut faire appel à nous pour lui faciliter l'accès aux infos dont il a besoin, tout en connaissant et en reconnaissant les limites de cette source d'informations.

Si notre mission est de faire parler de nos clients dans la presse, il est tout de même possible de le faire dans le respect du journaliste, sans l'inonder d'infos dont il se fout, sans le harceler pour qu'il ponde un article. Si tous les attachés de presse respectaient cette règle, peut-être que les journalistes nous accorderait un peu plus de crédit et de respect...
Un voeu pieux ? En l'état actuel des choses, sans doute...

Écrit par : Ferdie | 13/04/2007

Réponses en vrac PM : tu n'es pas journaliste, donc on s'en fout que tu vérifies tes informations, tu contribues juste à colporter la rumeur ou à donner tes avis.

Ferdie : Oui, je suis crédible, farpaitement ! Mes clients me payent pour que je diffuse de l'information aux journalistes. Si tu enlèves de la presse tous les articles rédigés sur la base des éléments transmis par des attachés de presse, je pense qu'on n'aurait pas grand chose à lire, non ?
Enfin, concernant ce que tu dis sur nos confrères, je suis plutôt d'accord avec toi sur le fait que l'usage du téléphone pour les relances doit se faire avec parcimonie et pour apporter quelque chose en plus, pas pour demander si le communiqué a bien été reçu et si le journaliste fera quelque chose

Écrit par : Cityzen | 13/04/2007

Mais non, je ne dis pas que les attachés de presse ne sont pas crédibles ! Ni qu'ils sont inutiles pour les journalistes ! Je dis juste qu'il faut pas pousser grand-mère dans les orties en disant "messieurs les journalistes on est là pour vous aider". Parce que c'est faux. On est là pour leur passer des infos que nos clients veulent leur donner, point barre ! S'ils s'en contentent, tant mieux pour nous ! Mais la plupart savent qu'il vaut mieux investiguer un poil plus loin... Et essaient de le faire !

Écrit par : Ferdie | 13/04/2007

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