24/10/2006

 La Nation Basque...

basque
« Comment faire rentrer 20 Landais dans une 2 Twingo ?Facile, on leur dit que les Basques, eux, ils ont réussi »

Bon, faut quand même dire qu’un Landais, ça fait rien qu’à s’habiller comme un Basque, ça saute par-dessus des vaches tout ça !Heureusement qu’il y a les Basques pour relever un peu le niveau !

Plus sérieusement, en discutant avec un Basque (mais alors, ils sont partout ? Bah oui !), au sujet de la création de la Nation Basque, j’ai fait quelques recherches et c’est assez « drôle » ce qu’on trouve dans l’Histoire de cette région.

Alors pour commencer, il faut savoir que le concept de Nation Basque a été créé par Sabino Arana Goiri en 1894. En fait, le personnage se distingue par sa religiosité, qui de nos jours serait qualifiée d'« intégriste » et son attitude réactionnaire et anti-communiste. A l’époque, il s'oppose à la démocratie et à "la libre pensée" et traitait de races « inférieures » les non-basques, les incroyants et les laïcs.

En fait, à cette période (milieu du XIX° siècle), il faut savoir que la société basque est engagée dans un déclin irréversible et s’attache à soutenir des causes réactionnaires comme l’absolutisme « Carliste ».Seule l’industrialisation de la région va permettre de sortir de ce marasme. Mais ce développement suscite des réactions de rejet de la part de groupes autochtones envers les travailleurs immigrés espagnols, imprégnés d'idées socialistes, et envers les transformations politiques et sociales qui accompagnaient l'essor industriel.

C'est dans ce contexte que va émerger Sabino Arana Goiri qui va développer une vision idéalisée de la société pré-industrielle. Il professe un rejet virulent du libéralisme et un catholicisme intégriste. Il impose la vision d'un "peuple élu", de tradition rurale, profondément chrétien, qui voit une menace dans la modernité, le socialisme, la laïcité et le métissage , introduits avec l'arrivée de la race dégénérée des Espagnols.

En 1898, Sabino Arana, fonde la doctrine nationaliste et le Parti national basque. Son idée principale est alors de distinguer radicalement les races basque et latine et de plaider pour l’indépendance politique de la première.

En 1897, il appelle de ses vœux l’union des Basques « pour le salut de la patrie commune, c’est-à-dire de la race elle-même ». Il crée le néologisme Euskadi pour désigner cette nation basque réunissant des territoires ayant jusqu’alors connu des destinées relativement séparées, et, pour rompre avec le vocabulaire de l’Ancien Régime, il parla de « guerre de conquête » contre Euskadi, de « lois basques », et enfin d’« indépendance ». Ainsi, l’Espagne devint, pour la première fois, une puissance étrangère dont il fallait se séparer. Ce qui fut interprété par ses sympathisants comme un progrès fondamental du peuple basque, qui, enfin, osait reconnaître sa différence.

Le nationalisme basque réclame donc la souveraineté des territoires basques et un retour au régime des fueros, qui incarnent l'indépendance originelle mythique du Pays basque - ces privilèges apparaissant comme le signe d'une souveraineté originelle, qui devait légitimer la revendication d'indépendance.

La logique du nationalisme de Sabino Arana Goiri conduit à une confrontation radicale avec l'Espagne. L'objectif ultime est et reste l'indépendance basque et le rejet de tous compromis avec l'État espagnol.

Enfin, que cette histoire ne nous fasse pas oublier la beauté des paysages, la richesse traditionnelle et surtout... la pala ancha !!!

12:56 Écrit par Cityzen dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

réactions à chaud Et bien voilà le magicien a encore frappé, il éclaire un peu l'origine Basque pour ceux qui ne la connaissaient pas ou peu. Mais la dessus tout le monde est d'accord pour dire que tous les peuples qui demandent leur indépendance sont des fachos, au commencement bien sûr. Car maintenant beaucoup de personnes demandent l'indépendance comme les corses les basques ou les autres mais ne savent pas pourquoi. Ils suivent bètement les anciens, ils ne connaissent pas les origines de leur pays, et ne pensent sûrement pas aux concéquences de l'indépendance, ça fait bien tout simplement.
Pour ma part, par rapport au peuple basque, je revendique, être un peuple à part (pour ceux qui ne le savaient pas certaines personnes hauts placées pensaient que les basques étaient des extraterrestres car c'était, à l'époque, le seul peuple au monde à avoir un code génétique presque commun à tous les basques). Au pays basque on a une histoire à part, nos spécialitées culinaires, notre sport (même si il a était importé), nos chants nos danses,notre tenue vestimentaire, et j'en oublie encore. Comme le dit Bruno il ne faut pas non plus oublier que le pays Basque est situé au bord de l'océan atlantique et autour des pyrénnées, et du coup il y règne au micro climat. Si vous regardez, encore aujourd'hui c'est le coin le plus chaud de france 26 degrès. Tout cela pour dire que même si les origines sont un peu fachos c'est le plus beau pays du monde et de ce fait la plus belle région de france. De plus, si vous regarder les média les 3 provinces basques françaises revendiquent l'indépendance pacifiquement et c'est dans les 4 provinces basques espagnoles qu'il y a de la violence.

bref pour finir c'est un coin ou il fait bon vivre, mais c'est pas la peine de tous débarquer au pays car même si plus on est plus on s'amuse, il faudrait éviter de surcharger cettes verdure.
Désolé si je vous est soulé mais je suis amoureux de mo pays.
A plus

PS: pour Bruno, la petite "guerre" entre les Béarnés ou avec les landais c'était chaud à l'époque mais maitenant, sauf pour certains, on s'en amuse mais appelons un chien un chien (je te vois rire il n'y a aucune allusion, n'y pense même pas).
Un Basque n'est pas un croque maïs.
adio

Écrit par : Thomas | 24/10/2006

Indépendantiste un jour, indépendantiste toujours Vive l'Ile de France Libre !!!
Boutez-moi tous ces basques, bretons, landais et autres berrichons hors de notre belle région ! (clin d'oeil perso à plein de potes qui se reconnaîtront)
Signé : une oursonne masquée, d'origine francilienne, corse, bretonne, picarde, et autres lieux picaresques

PS : j'ai lu quelque part que le basque était le seul dialecte (pas taper, naaan pas taaaapeeeeeeer !) qui n'était apparenté à aucunes des autres langues parlées en Europe; c'est vrai ça ? Si oui, c'est peut-être un autre indice visant à faire penser que vous êtes vraiment des descendants des petits hommes vert...

Écrit par : Ferdie | 24/10/2006

Merci cityzen, très intéressant ce petit rappel...conscis et tout. Par contre le commentaire numéro1 exprime des choses étonnantes.

"Mais la dessus tout le monde est d'accord pour dire que tous les peuples qui demandent leur indépendance sont des fachos, au commencement bien sûr" euhhh
non, je ne suis radicalement pas daccord, et je passe rapidement sur la "plus belle region de France", alors que tout le monde sait très bien que la plus belle région c'est : le BERRY!

Plus sérieusement, faudrait s'entendre sur la signification de"facho", qui est un mot commode mais qui ne veut rien dire, le fascisme est une doctrine précise...Mélange de corporatisme, de doctrine etatiste centralisé qui renvoit exclusivement et historiquement
à Mussolini...

Écrit par : steve rogers | 24/10/2006

Une petite réflexion pour corriger vos dires et dénoncer une stigmatisation qui ne permet pas d'appréhender le sujet avec sérieux.
Le premier penseur de nationalisme basque est non pas Sabino Arana mais Agustin Chaho.

S'étant éveillé au sentiment national au moment du Printemps des Peuples, en 1830, en prenant conscience de son identité à Paris, où il venait de débarquer pour y étudier pendant trois ans le droit et la littérature, Augustin Chaho ne développe pas une vision abertzale repliée sur de petites frontières. Sa vision de la nation basque se projette dans une vision internationaliste et comme un précurseur de la construction européenne, sur une base démocratique.

Lorsqu'il développe pour la première fois ses théories, Augustin Chaho n'est qu'un jeune journaliste de 25 ans qui publie un premier reportage sur les guerres carlistes. Les historiens s'intéressent depuis peu à Augustin Chaho, qui dès 1836, à travers ses "Paroles d’un bizkaïen aux libéraux de la reine Christine" puis "Voyage en Navarre pendant l'insurrection des basques (1830-1835)" énonce soixante ans avant Sabino Arana, des thèses en faveur de l'indépendance du Pays basque, de sa réunification avec le Pays basque nord, sous une forme républicaine. Il sera le fondateur d'un journal à Bayonne, l’Ariel[1], un journal politique, sous-titré “le républicain de Vasconie" dans lequel il publie des articles en français, mais aussi en euskara, en gascon bayonnais et en béarnais.

Chaho est d'ailleurs l'inventeur de la formule zazpiak bat (les sept font un, autrement dit les quatre provinces basques du sud et les trois du nord forment un Pays basque uni).

Plus tard Chaho créera le tout premier journal exclusivement rédigé en basque Uskal-herriko Gaseta.

Dès 1836, Chaho préconise à plusieurs reprises l’enseignement exclusif du basque dans les écoles, la création d’une académie de la langue basque et l’établissement d’une orthographe unifiée, de bibliothèques, d’une littérature et de livres dans les tous les domaines scientifiques et techniques en basque.

En réalité, la vision d'Augustin Chaho dérange les biographes (hagiographes) de Sabino Arana Goiri, qui lui-même occultait cet héritage. D'abord parce que Chaho est un Basque du nord, un Souletin né en 1811, ayant vécu la majeure partie de sa vie à Bayonne, né 54 ans avant Sabino Arana, qui ne peut ignorer ses prises de positions, d'autant que le Souletin sera élu conseiller municipal après avoir proclamé la République à Bayonne, à la tête d'une manifestation d'insurgés au moment de la Révolution de 1848, puis sera élu conseiller général de son canton natal de Tardets.

Au moment de la proclamation de la République, il pense alors que ce modèle va se répandre comme une traînée de poudre à travers l'Europe. Il est candidat socialiste démocrate à l'Assemblée constituante de 1848 (les premières élections libres de l'histoire en France) où il fait campagne sur le thème du suffrage universel sans restriction, l’enseignement laïque, gratuit et obligatoire pour tous, la liberté de conscience, de réunion, d’association, de manifestation, la liberté totale de la presse. Bien qu'anti-clérical, il se déclare pour la liberté de prédication et de culte de toutes les religions (catholicisme, protestantisme, judaïsme, etc.) Pendant la campagne électorale (à peine âgé de 38 ans), il est grièvement blessé par un accident qui le laissera durablement hémiplégique.

Ses prises de position contre la dérive bonapartiste du pouvoir du président Louis-Napoléon, le condamnent au bannissement et à l'exil, puis au silence, tant il sera la cible d'un harcèlement policier permanent de la police impériale.

À la différence des frères Arana Goiri, Chaho est un homme de gauche, républicain, partisan de la laïcité, qui adhèrera aux idées socialistes dès leur apparition et sera le premier à parler de la construction du Pays Basque dans le cadre de l'Europe, à la même époque que l'idée des États Unis d'Europe chère à Victor Hugo.

Écrit par : mae | 25/07/2011

Les commentaires sont fermés.