26/09/2006

Assis au bord de la rivière j'attends


«En morale ce qui ne dure pas n'est pas.
Que dirait-on d'un juste qui n'aurait de vie morale que le dimanche ?
»
(V. Jankélévitch - Traité des vertus, livre 1)


J’ai eu l’occasion pendant près de 2 ans de découvrir une femme, de tenter de la comprendre, de la percer, de découvrir une souffrance derrière sa carapace. Mais elle a faussé la donne, n’a pas été transparente, s’est contenté de sa vision du monde du travail : une guerre où tous sont des ennemis, où tout rapport humain est nécessairement un rapport de force.

Et puis, comme j’ai pris l’habitude de tenter de la découvrir, j’ai peu à peu pris l’habitude de me méfier d’elle, de la « renifler », de découvrir ses manigances derrière son apparente fragilité, de percer à jour ses mensonges… et puis de fil en aiguille, de brimades en brimades, j’ai appris à me faire une barrière pour ne plus être atteint et finalement à commencer à la détester.

Et puis, un jour, j’ai décidé d’arrêter de jouer, d’arrêter de me prêter à ce jeu de dupe dans lequel aucun n’était gagnant et de lui offrir la victoire qu’elle attendait : mon départ de cette boîte qui était pourtant prometteuse.

Aujourd’hui, avec le recul, la rancœur a fait place à un calme, à une certaine sérénité, et finalement à une certaine pitié, pas de compassion.

Un proverbe de la tradition chinoise dit :
"Il ne sert à rien de chercher à te venger de ton ennemi,
assis-toi plutôt au bord de la rivière et attends de voir passer son corps "


Alors je me suis assis, et j’ai attendu. A défaut de voir passer son corps, j’ai compris l’étendue de son malheur, générée par sa vision viciée de la vie :
  • son mariage s’étiole et elle est en phase de rupture. Elle se retrouve seule sans aucune vie privée dans un pays qui n’est pas le sien et la personne qui fait mine d’être à ses côtés pour le moment ne le restera pas bien longtemps compte tenu des raisons qui le pousse à être peu ou prou avec elle
  • elle est devenue personna non grata dans mon ancienne boîte
  • les clients qui étaient "pin’sés" à elle ne l’était que pour une raison : ils rêvaient de se la taper, ils ne reconnaissaient pas son expertise… qui aurait d’ailleurs pu la reconnaître qui soit un minimum sensé ?
  • les personnes qu’elle a "dé-formées" ont commencé à ouvrir les yeux et découvert lapersonne qu’elle est réellement
  • sa capacité de manipulation qu’elle croyait sans faille est aujourd’hui éventée et on peut même aller jusqu’à dire qu’elle n’a jamais fait effet sur certains, qui ont vite vu clair dans son jeu.

En bref, j’ai décidé de choisir la Voie de la Vertu quand elle a préféré la Voie du Vice. Je suis heureux aujourd’hui de constater que j’ai fait le bon choix et qu’elle, en outre, s’est fourvoyée et paye à ce jour ses fourvoiements.

Pourtant, plutôt qu’un sentiment de Justice, j’ai plutôt un sentiment de Pitié pour cette femme qui n’a finalement rien compris.

22:19 Écrit par Cityzen dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

YES ! Je dirais même plus: il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas (dixit Artiste).
Le pire c'est que lorsque l'on voit passer son corps on n'en tire pas de satisfaction, seulement de la pitié, comme tu le dis.

Écrit par : Marirose | 27/09/2006

Hé bé... ... la roue aurait-elle fini par tourner, en fin de compte ? Quand j'étais enfant, ma tante me disait souvent : "ne fais pas attention aux gens méchants, on finit toujours par payer ses mauvaises actions un jour". On dirait que ça s'est vérifié pour la femme dont tu parles... C'est tout de même triste quelque part...

Écrit par : Ferdie | 27/09/2006

Mon cher kane Mon cher kane

j'ai lu attentivement votre texte. Méfions-nous des chinois et de leurs proverbes...Blague à part, je conseille sur le sujet: ami/ennemi la lecture de Carl SCHMITT, c'est un point de vu politique et non psychologique mais dont la grille d'analyse est applicable à toutes sortes de sujets, un peu comme SUN TZU et "l'art de la guerre" pour revenir sur les chinois...

Sur ce, Vive le Monde Libre!

CAPTAIN AMERICA

Écrit par : Steve Rogers | 29/09/2006

Le problème avec Sun Tzu... ... c'est qu'il limite les rapports humains, enfin ceux qui le revendiquent comme théoriciens, à des rapports de force. Tu es soi battu, soit vanqueurs !
Je pense pourtant qu'il existe d'autres rapports humains possibles. Et d'autres façon d'envisager la vie de façon générale.

Écrit par : Cityzen | 29/09/2006

*** Si au lieu de donner des formations, elle en avait suivi, elle aurait retenu (comme moi) que la manipulation est l'un des 4 travers dans lesquels on risque de tomber (et où il ne faut pas tomber pcq c'est jamais payant, à terme) face à un problème, quand on est Chef (avec la fuite, l'autoritarisme et la postposition).
Et c'est tjs une erreur de prendre les gens d'en face pour des imbéciles. Ils finissent par s'en rendre compte et en général, ils ne le prennent pas bien (lol).
Ce qui est bien, dans cette histoire, c'est que la morale est sauve : les méchants sont punis à la fin ;o))

Écrit par : Hariane | 02/10/2006

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